No man's land

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2015  2016  2017  2018

 

Pour un mètre et soixante-quatorze centimètres
Poids de forme : 56 kg | Poids actuel : 59, 3 kg | Poids désiré en période d'anorexie : 50 kg
[Actuellement, IMC à 19,1, soit corpulence normale.]

 

 

MON PROBLEME

 

Je suis atteinte depuis quelques années du syndrome de déréalisation-dépersonnalisation. Je suppose qu'il s'agit d'un après-coup d'un choc lors de mon enfance, après la mort d'un proche, où j'ai vu des membres de ma famille faire tomber très violemment leurs masques et mon insouciance par la même occasion. 

 

• La déréalisation-dépersonnalisation (DR/DP) est une altération de la perception ou de l'expérience du monde extérieur et intérieur qui apparaît étrange, irréel, et factice. Suivant les cas, les éléments normalement ancrés dans la personnalité comme la notion d'existence peuvent être par exemple remis en question. La déréalisation est en quelque sorte une expérimentation d'un doute métaphysique de manière concrète. Tout ce que le sujet a toujours connu a disparu. La normalité s'est évaporée et ne reviendra jamais pour lui à cet instant. « Je vois mes bras, je les touche, mais sont-ils réellement à moi ? ». Le sujet a l'impression de ne plus être lui-même. La sensation de devoir fuir dans les plus brefs délais peut l'envahir : courir vers un lieu connu, rentrer chez lui, mais surtout sortir de cette claustrophobie purement psychique.

 

• Quand il jouait enfant à se cacher dans un placard, il disait stop, pouce, on arrête. A présent, les murs de l'angoisse se resserrent sur lui-même sans qu'il ne puisse sortir en ne faisant que pousser une porte. Les symptômes sont nombreux : le c½ur bat la chamade, des picotements se font ressentir dans les extrémités des membres, les mains sont moites. Ces symptômes et ces sensations sont ceux d'une crise de DR/DP. Ce qui est douloureux, c'est qu'il est difficile d'expliquer son ressenti. Les mots manquent. Ceux qui reviennent le plus souvent sont les mots « irréel », « spectateur de moi-même », « je deviens fou », sans possibilité d'y échapper. Cependant, contrairement aux psychoses, la réalité ne disparaît pas. Il s'agit plus d'un sentiment de doute vertigineux. Dans le cas de la psychose, le sujet est persuadé que tout est commandé par un être externe, une puissance extérieure. 

 

• Ces pathologies sont dites de troubles dissociatifs, ce qui consiste en interruptions ou en ruptures des processus de mémoire, de conscience, d'identité ou de perception. Les personnes sujettes à ces troubles se sentiront comme éloignées d'elles-mêmes, comme en dehors de leur propre corps. Elles peuvent même parfois se percevoir de l'extérieur de leurs corps comme si celui-ci était un automate ou un robot, comme si elles étaient dans un rêve ou dans un film. Les gens qu'elles connaissent peuvent également leurs paraître étranges ou inconnus. Une altération de la perception du temps peut aussi être ressentie. 

 

Je suis comme un frelon qui se cogne contre une vitre fermée alors que toutes les autres fenêtres de l'appartement sont ouvertes.

 

EFFETS SECONDAIRES

 

→ Provoque de lourdes crises (hystérie, pleurs, panique, paranoïa).
→ Violences envers moi-même (griffures et morsures). 
→ Troubles du comportement alimentaire (plus tournés vers l'anorexie).
→ Absences, cauchemars, insomnies, paralysies du sommeil. ✘ en ce moment
→ Pertes de confiance en moi, impression totale de solitude.

 

DERNIÈRE CRISE D'ANGOISSE

 

04 décembre 2017 : j'avais passé un excellent week-end, passé à sortir avec mes amies et décorer la maison pour Noël, avec en fond les chansons de Mariah Carey (à l'époque où elle chantait naturellement bien, et pas en play-back). J'étais partie me coucher de bonne humeur. Je sentais une force nouvelle m'envahir, celle de l'optimisme. Seulement, à 23 heures, je me suis réveillée. J'ai eu une grosse vague de déréalisation. J'ai essayé de me forcer à réfléchir normalement, mais je n'y arrivais pas. Alors j'ai allumé ma lumière. Depuis mon lit, j'ai redécouvert ma chambre. Je trouvais tous les meubles imposants, grands comme jamais ils ne l'avaient été. J'ai regardé mon corps, mes bras, mes mains. Tout perdait un sens. Tout était absurde, irréel. Je n'ai pas cédé à la panique qui m'habitait. Je me suis levée, j'ai fait un tour aux toilettes, et je me suis arrêtée dans ma salle de bain. Voir mon visage n'a fait qu'empirer les choses, j'étais totalement perdue. Je suis allée voir ma mère. « Maman, je ne me sens pas bien », j'ai dit. Elle a répondu : « Tu as envie de vomir ? ». J'avais juste envie de m'enfuir, de sortir du rêve. J'étais incapable de trouver des mots pour lui expliquer la violence à l'intérieur de ma tête. J'ai dit « Je ne sais pas », je me suis assise sur le bord de son lit et j'ai pleuré. Elle m'a prise dans ses bras. Puis elle s'est levée, a éteint la lumière dans ma chambre, est revenue, a mis le réveil pour l'heure à laquelle je me lève, m'a fait une place et j'ai passé la nuit dans son lit. Mon sommeil n'a pas été parfait, entrecoupé de phases de réveil, mais peu importait car je me sentais en sécurité.

 

SUIVIT | ACTUELLEMENT : je remonte la pente !

 

 27 octobre 2017 : un mois après mes dernières nouvelles, qu'y a-t-il de nouveau ? Eh bien, pas grand chose. J'ai fait une crise de panique en classe lors d'une lecture à l'oral, le stress s'est installé partout et je n'arrive pas à me détacher de mon chronophage de passé. Je vis dans le passé. J'ai 16 ans, mais une grande partie de moi est bloquée dans mes 9 ans. Cela fait huit ans qu'un être cher m'a quittée et je n'ai encore jamais remis les pieds dans les endroits de mon enfance, je n'ai encore jamais vu sa tombe, je ne lui ai encore jamais apporté de fleurs. En quelques mots : huit ans que je m'emmure dans des souvenirs. Je n'ai pas fait mon deuil, ça me bouffe la vie. Je ne fais que pleurer. Je pleure sur Google Maps quand je vois sa maison, je pleure quand je lis son avis de décès, je pleure quand je repense au temps d'avant. J'ai si mal, j'ai si mal... Et les oiseaux ne chantent plus, comme dit si bien Rammstein dans Ohne Dich [« Sans toi »]. Je souffre énormément. Pour m'épauler, crier ce que je ressens, essayer de lâcher un peu de lest, j'ai commencé l'écriture d'une fiction qui me tient vraiment à c½ur. Si vous voulez la lire, c'est juste ici : chronos-desiderium.sky. J'essaye de tenir le coup, mais je n'ai aucune force, aucune volonté. Je pars perdante d'avance et ça me tue. Vraiment.

 

 22 novembre 2017 : y'a eu un élan de joie. J'allais presque mieux. J'étais à nouveau drôle, enjouée, positive. J'ai réalisé à quel point j'aimais un garçon, à quel point je pouvais faire en sorte qu'il m'aime en retour. Oui, c'était bien. Et puis il y a eu ce rêve, où j'ai vu mon arrière-grand-père, où j'ai cru aveuglément que c'était la réalité, et où j'ai extrêmement souffert de mon retour au réel. Je suis très fatiguée, un rien m'épuise, je ne me supporte pas. J'ai envie de crier, de pleurer. J'ai besoin d'un câlin, d'un amour fort, mais ça manque. Je râle toute la journée, je suis très pessimiste. J'ai l'impression que rien ne va, que chaque chose que je fais est ratée. Je réclame le soutien de mon jumeau, ma moitié. Mais il ne m'écoute jamais. Il parle de sa journée, et quand je veux lui parler, il dit « OK » et reprend son récit. Et quand je lui fais remarquer qu'il ne m'écoute absolument pas, il s'énerve, me dit des choses très méchantes. J'aimerai vous donner une phrase que j'avais écrite cette été à mon sujet : « Elle a envie de crier mais ça s'estompe sur ses lèvres pour dessiner un sourire ».

 

07 décembre 2017 : ça y est. J'ai retrouvé la force. Celle de sourire, de me laisser-aller, de ne pas céder. Mes journées ne sont pas parfaites. Je me plains encore, je râle encore, parfois je suis triste. Quand bien même je suis totalement déréalisée par moments, je ne lâche pas. Gros combat intérieur. Je suis quelqu'un qui est de base très optimiste. Qui pense que rien n'arrive par hasard et que tout est pour le mieux. Alors c'est parti ! Je me relève. Je tombe. Je me relève encore. 

Tags : Déréalisation - Dépersonnalisation - Angoisse

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Comments :

  • azia-pouliche

    28/11/2017

    Oh mais je ne savais pas tout ça :O !

  • juliesimoney

    31/10/2017

    Au moins tu as repris du poids c'est bien :) Bon courage

  • juliesimoney

    31/10/2017

    Pour ton histoire de vivre dans le passé j'ai la même chose. Et pour le même motif que toi. Et cela s'appelle le mémoire archaïque. C'est une partie de ton cerveau qui va enregistrer toutes les épreuves difficile qui ce sont passer dans le générations précédentes, pour ne pas les reproduire (l'évolution de l'être humain). Si une personne meurt ou qu'il y a un gros "chagrin", la mémoire envoie des signes d'alertes ce qui donne les crises. Dans mon cas c'est à peu près comme ça que ça fonctionne. Donc en gros tout est à cause de tes grands-parents ou même avant.

  • juliesimoney

    31/10/2017

    Les névroses j'en ai mais moi c'est pour des raisons médicales. C'est à cause de ma scoliose qui pincent mes nerfs. Mais c'est sûre que si on est stressé ça ne fait qu'"empirer. Du coup pour ça je vais l'ostéopathe quand ça devient trop douloureux et quotidien.

  • juliesimoney

    31/10/2017

    Sache que je fais aussi des paralysies du sommeil, mais heureusement peu pour le moment. Je n'ai trouvé aucune méthode pour en atténuer les effets ou autre je ne peux pas trop aider.

  • juliesimoney

    31/10/2017

    Je le sentais que ça n'allait pas

  • Far-Away-From-Home

    27/10/2017

    Je suis tellement triste de continuer de voir que beaucoup de choses te gâchent la vie.
    Le sentiment de te sentir seule, les crise de panique, tout ça :(
    Et puis le décès d'un être cher qui est survenu il y a plusieurs années, je crois que l'on ne s'en remet jamais.
    Je t'envoie tout mon courage, et j'espère vraiment que tu puisses trouver quelque chose qui te fasse du bien, qui te fasse avoir de bons jours. Je vois que même le karaté que tu aimais pratiquer ne t'aide pas. Il faut trouver autre chose donc, une autre activité qui te fera du bien. Pourtant le sport, c'est un bon moyen d'évacuer tout ce stress, tout cette agitation etc, peut-être que pourrais en pratiquer un autre ? :)
    En tout cas je te fais plein de bisous et je t'encourage à faire ce que tu aimes, parce que tu as plein de talent. Tu écris de bon texte déjà, et puis tu as l'air d'être courageuse, ne l'oublie pas ♥

  • Lunartic

    27/10/2017

    Quant au deuil que tu n'as toujours pas réussi à faire, cette personne devait vraiment être la prunelle de tes yeux ou en avoir la même valeur. Quand on est enfant, c'est d'autant plus insupportable car on a l'impression de perdre pied, que notre monde se dépeuple d'un coup. Les oiseaux - de l'insouciance et du bonheur - ont cessé de chanter, comme le dit si bien la magnifique chanson à laquelle tu fais référence. Cette nostalgie étouffante qui empêche d'accepter la réalité, sous quelque forme qu'elle soit, je ne la connais que trop bien. On dit que le temps apaise toutes les blessures mais il nous emprisonne au fond, et cela est malsain. Il faudrait que tu réussisses à mettre un pied en avant en acceptant l'idée que le passé est derrière et que le vide de cette personne sera toujours là et que tu l'éprouveras toujours. C'est cruel mais ce n'est qu'ainsi que tu seras en paix avec toi même. Cependant, c'est toi qui doit en faire la démarche, plus facile à dire qu'à faire... Courage ma belle ♥

  • Lunartic

    27/10/2017

    Juste, rien à voir avec la choucroute, mais "d'y l'y", ça fait mal, ouch ! "D'il y a", c'est mieux ;)

  • Lunartic

    27/10/2017

    De savoir que tu vas si mal en ce moment, cela me ronge le c½ur. Si je peux t'apporter un petit rayon de soleil dans cette obscurité qui te bouffe, sache que tu n'es pas seule. Comment te jeter la bouée de sauvetage qui t'empêcherait de te noyer ? Je ne le sais. Je peux juste te soutenir par mes paroles virtuelles, mais qui sont consistantes en sincérité et en amour. Je te souhaite de tout mon c½ur d'aller de l'avant, de relever la tête, d'embrasser l'espoir et l'optimisme et de te construire un radeau face à l'ennui perpétuel et effarant. Surtout, ne retourne pas ce mal contre toi-même, tu as raison d'essayer d'extérioriser tout cela. Tu as l'âme d'une battante mais c'est humain de vouloir baisser les bras quand tout et tout le monde semble se déchaîner contre nous ou, au contraire, n'en avoir cure de ce qui nous arrive. Pour ma part, je m'inquiète pour toi et je te souhaite des jours parfaits à leur maximum d'éclat à venir, tiens bon ♥

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